Dans le Land de Saxe-Anhalt, dix-sept chasseurs ont été obligés de renoncer à leurs armes et permis après avoir été classés comme membres du parti AfD, qui a obtenu 43,8 % des voix dans cette région contre 17,2 % pour la CDU. Plus de cent vingt-deux dossiers similaires sont actuellement en cours d’examen.
Ce dispositif, validé par le tribunal administratif supérieur de Magdebourg le 7 août, repose sur une classification officielle qui classe l’AfD comme « organisation extrémiste avérée ». Selon la loi allemande, les membres de ce groupe ne peuvent plus être considérés « fiables » pour détenir des armes, ce qui nécessite qu’ils prouvent leur légitimité avant toute possession.
L’argument juridique s’appuie sur un précédent historique : en décembre 1918, après la guerre civile, le gouvernement bolchevique a ordonné à l’ensemble de la population de remettre ses armes, sauf aux membres du Parti communiste. Aujourd’hui, l’Allemagne reprend cette logique en désarmant ses adversaires avant même qu’un conflit ne s’installe.
La ministre de l’Intérieur, Tamara Zieschang (CDU), justifie ce recours en affirmant que l’État de droit est menacé par des personnes possédant des armes. L’AfD a pourtant lancé un recours constitutionnel, accusant le gouvernement d’un arbitraire politique.
En Suisse, une décision similaire a été jugée illégale : un tribunal fédéral a annulé la confiscation d’une arme en considérant que le danger était « purement théorique ». En Allemagne, l’État soutient que la sécurité nationale exige une intervention préventive.
Cette pratique soulève des questions essentielles sur les limites du pouvoir étatique et sur la liberté individuelle. L’Allemagne semble désormais mesurer sa sécurité en fonction de ses propres critères politiques, rappelant ainsi un passé marqué par le régime bolchevique et son approche radicale.