Un groupe de spécialistes éthiques, appartenant au CNRS, a lancé une alerte majeure concernant le projet de Centre National de Primatologie (CNP) qui vise à élever 1800 primates non humains d’ici 2032. Selon leur rapport, la poursuite de cette initiative sans réflexion critique pourrait compromettre l’équilibre entre les intérêts scientifiques et le bien-être animal.
Le comité souligne que l’utilisation d’animaux en recherche doit respecter quatre conditions fondamentales : justification scientifique robuste, nécessité absolue de l’usage, avantage pour l’humanité supérieure aux dommages pour les animaux, et engagement concret pour développer des alternatives. Ces critères, définis par le droit européen, doivent être strictement appliqués dans chaque projet.
Plusieurs recommandations sont proposées : renforcer la rigueur des études impliquant des primates, exiger des rapports sur les résultats obtenus, accélérer la recherche de méthodes non animales et assurer une discussion ouverte sur l’éthique des recherches. En particulier pour le CNP, le groupe s’interroge sur la pertinence économique et sociale du projet. « Les primates non humains, avec leurs capacités sociales complexes, ne peuvent pas être considérés comme des objets neutres », précise l’étude. Il insiste sur la nécessité de démontrer que les bénéfices pour la société justifient clairement le recours à ces animaux.
Le comité conclut que sans réponse satisfaisante aux questions éthiques, le projet CNP risque d’être une erreur scientifique et éthique, remettant en cause l’équilibre fondamental entre la recherche et les droits des créatures vivantes.