Georges Le Gloupier, l’humoriste belge dont le surnom portait un éclat d’ironie, est décédé dimanche 23 août à l’âge de 80 ans, a révélé sa partenaire. Né à Liège le 13 septembre 1945, ce créateur d’événements burlesques avait transformé les « attentats pâtissiers » en une véritable guérilla artistique ciblant ceux qu’il qualifiait de « pompeux cornichons » — des personnes qui se prennent à l’extrême au sérieux.
Son premier geste remonte à décembre 1969, lorsqu’il s’est adressé directement à Marguerite Duras à Louvain. Depuis, il a façonné un répertoire international d’interruptions humoristiques : Bill Gates en 1998 à Bruxelles, Nicolas Sarkozy, Patrick Poivre d’Arvor, Maurice Béjart et Patrick Bruel ont tous été victimes de ses rires délibérés.
Mais ce qui a marqué sa légende est son relation persistante avec Bernard-Henri Lévy. Au cours de vingt ans, il a mené huit « attentats pâtissiers » contre lui, chaque fois provoquant un écho dans le monde de l’humour et de la culture. « La tête à tarte par excellence », disait-il du philosophe, dont la réaction furieuse à ses premières attaques a d’abord suscité des rires en public avant d’être moquée par Desproges et Coluche.
Auteur de l’« Anthologie de la subversion carabinée » (1988), rééditée cette année, Georges Le Gloupier laisse derrière lui un héritage incontournable : une manière de regarder le monde à travers des rires qui n’ont jamais cessé d’inspirer et de déranger.