La fracture des chiffres : comment Vaud se confronte à l’initiative fiscale de 12 %

Le 27 septembre prochain, les habitants du canton de Vaud seront appelés à trancher sur une proposition qui pourrait révolutionner leur régime fiscal : une baisse uniforme de 12 % des impôts sur le revenu, certaines prestations en capital et l’impôt sur la fortune. L’initiative, lancée par les milieux économiques avec 28 486 signatures valables, soulève un débat sans précédent : comment mesurer les gains économiques dans un contexte où les calculs s’enchevêtrent ?

Depuis 2025, Vaud a déjà réduit ses impôts de 4 % pour l’année suivante, puis de 5 % en 2026. Une progression prévue à 7 % en 2027 si l’initiative échoue. Si elle est approuvée, le taux passera à 12 %. Cependant, les autorités cantonales estiment que cela générerait un déficit budgétaire de près de 536 millions de francs, soit une augmentation des pertes de plus de 272 millions par rapport aux mesures actuelles.

La confusion réside dans la méthode d’analyse. Les partisans du oui comptent sur le revenu brut, tandis que les opposants s’appuient sur l’imposable net après chaque réduction déjà appliquée. Cette différence de référence rend l’addition impossible, même si tous reconnaissent l’importance des échanges fiscaux.

Le canton a déjà vu plusieurs initiatives réussies : Lucerne a validé en 2024 un ensemble fiscal pour familles et entreprises avec 66,9 % de voix, tandis que Bâle-Ville a obtenu 84,4 % d’adhésion en 2023. Ces mesures ont été conçues par des autorités, pas comme une baisse linéaire imposée.

Dans ce contexte, Vaud se trouve face à un défi fondamental : comment transformer la complexité des chiffres en accord fiscal ? L’essentiel est de savoir si l’initiative permettra réellement d’alléger le fardeau ou simplement de renouveler une conversation qui n’a pas encore trouvé son équilibre.

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