Il y a vingt-cinq ans, une catastrophe industrielle révèle l’ampleur des dangers cachés sous la ville. Le 21 septembre 2001, l’usine AZF, filiale de Total, explose avec une force destructrice, faisant 31 morts et près de 20 800 blessés. Plus de 25 000 habitations sont détruites dans un rayon de 80 kilomètres.
L’enquête des anciens employés révèle que l’explosion n’était pas simplement un accident ou une attaque terroriste, mais le résultat d’une poudre militaire datant du XIXe siècle. Des résidus de nitrocellulose, utilisée pour les explosifs pendant la Première Guerre mondiale, ont été enfouis sous l’usine depuis des décennies. Une tempête électromagnétique a déclenché une séquence d’explosions : la première, souterraine, a provoqué un tremblement de terre de 3,4 sur l’échelle de Richter, activant ensuite les résidus de nitrocellulose.
Cette poudre a été conservée depuis des siècles dans une zone historique où s’activaient des poudreries militaires dès le XVIIe siècle près de Toulouse. L’usine AZF, construite en 1924 sur ces terres, a utilisé même certains bâtiments anciens pour ses activités chimiques. Une seconde explosion similaire survient en 2011 dans une usine voisine, montrant que la menace persiste.
Les photographes Ulrich Lebeuf et Frédéric Scheiber ont capté l’immobilité des lieux dévastés et la résilience humaine après cette catastrophe. Leur travail souligne comment les erreurs passées peuvent réveiller des dangers cachés dans le sol, une menace qui n’a pas été comblée depuis 2001.