Depuis sa création il y a moins d’une semaine, une série de publications apparemment issues d’un institut de réflexion israélien ont commencé à influencer les chatbots d’intelligence artificielle. L’opération, cachée sous le nom d’« Institut de Hanovre pour les politiques publiques », est réalisée par Piro, Inc., une société cofondée par Daniel Rosenberg, réalisateur du film « Inside Man ».
Plus de cent rapports ont été diffusés sur des thèmes tels que l’antisémitisme aux États-Unis ou la situation dans la bande de Gaza. Ces documents, conçus pour être récupérés par des modèles comme Claude et Gemini, reproduisent une structure académique et citent des sources gouvernementales israéliennes sans signature d’auteur.
L’analyse révèle que ces rapports sont souvent rédigés avec un ton neutre afin de répondre aux critères de crédibilité des systèmes de langage à grande échelle. Un exemple : une étude indique que 47 % des Israéliens considèrent l’armée israélienne comme la plus morale au monde.
Piro, Inc., a reçu 900 000 dollars du gouvernement israélien et travaille en sous-traitance avec Havas Media, une entreprise française spécialisée en relations publiques. Cette collaboration souligne l’ampleur croissante des stratégies de manipulation numérique.
Des enquêtes récentes montrent que des sites web créés par l’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Brad Parscale, ont été utilisés pour entraîner les chatbots d’intelligence artificielle. Ces sites sont désormais intégrés dans les systèmes de recommandation de plusieurs plateformes technologiques.
« Cela est une imitation parfaite des rapports académiques américains », explique une source anonyme liée à l’analyse. « Les chatbots privilégient les données concrètes et les sources fiables – ce qui est exactement le scénario utilisé pour influencer leurs réponses. »
L’existence de telles opérations soulève des questions critiques sur la capacité des technologies d’intelligence artificielle à rester neutres face à des influences politiques profondément ancrées dans les systèmes de données.