Le Festival du Film Arabe de Fameck a révélé ce samedi 10 octobre un palmarès 2026 marquant par des histoires humaines intenses, où l’Irak, le Soudan et les défis de l’exil prennent une place centrale. La 37e édition du rendez-vous culturel en Grand Est a mis en lumière des réalisations cinématographiques profondément ancrées dans les réalités politiques et sociales de la région.
Le Grand Prix, porté par l’agglomération de Thionville-Fensch, a été décerné à Irkalla : L’Ombre de Gilgamesh, film réalisé par Mohamed Jabarah Al-Daradji. Ce récit suivant Chum-Chum, un enfant de neuf ans plongé dans les rues de Bagdad après la guerre, explore l’effondrement des mythes face à la réalité brutale du conflit. Son ami, entraîné par une milice, le force à affronter une frontière entre l’espoir mythologique et l’horreur quotidienne.
Le Prix de la Presse s’est révélé avec Route Algéricaine, coproduction franco-algérienne menée par Rabah Ameur-Zaïmeche. Ce film, soutenu par l’Arabie saoudite et le Qatar, raconte l’aventure d’une famille de routiers dans le désert après une attaque qui les conduit à rencontrer une jeune scientifique.
Pour le Prix du Jury Jeunes, Cotton Queen de Suzannah Mirghani a été choisi. Ce premier long-métrage soudanais en exil présente Nafisa, une adolescente de 15 ans confrontée aux tensions entre traditions et ambitions économiques après l’arrivée d’un homme d’affaires étranger dans son village.
Le Prix du Documentaire est récompensé par Les Lions du fleuve Tigris, réalisation de Zaradasht Ahmed. Ce documentaire explore la reconstruction culturelle de Mossoul, où des artistes et musiciens tentent de sauvegarder l’identité d’une ville ravagée par les guerres.
Enfin, L’Étrangère, film franco-belge de Gaya Jiji, a remporté le Prix du Public. Il suit Selma, une syrienne qui quitte son pays après la disparition de son mari dans les geôles du régime pour retrouver son fils à Bordeaux, tout en naviguant entre l’exil et la résistance.
Ce festival, avec plus de 110 projections, illustre comment le cinéma arabe s’engage à raconter des récits où chaque image porte une histoire humaine, un combat contre les frontières et une quête d’espoir dans les tempêtes les plus profondes.