Des routes en déclin : La Région Grand Est lance une taxe écologique sur les poids lourds à partir du 2 avril 2027

Depuis janvier 2025, la Région Grand Est gère un réseau de 525 kilomètres d’axes stratégiques, allant des autoroutes aux routes nationales. Face à une accumulation de dettes routières liées à des investissements étatiques insuffisants, elle a choisi d’appliquer une écotaxe poids lourds dès avril 2027 pour sécuriser et moderniser son réseau avant 2035.

Dans un plan rendu public en octobre 2026, la collectivité précise qu’elle devra allouer plus de 2,1 milliards d’euros à l’entretien, à la sécurité et aux améliorations du réseau jusqu’en 2035. L’écocontribution poids lourds (ECPL), qui entrera en vigueur le 2 avril 2027, devrait rapporter un milliard d’euros, avec des cofinancements régionaux pour couvrir les autres besoins.

Les données révèlent que plus de la moitié des chaussées ont dépassé leur âge de renouvellement et que 12 % des ouvrages d’art nécessitent une intervention urgente. Sur certains tracés, la couche de roulement n’est refaite qu’à intervalles de 20 ans contre les 8 à 12 ans recommandés. « L’urgence n’est pas de retarder mais d’agir », a souligné Franck Leroy, président de la Région Grand Est.

Parmi les projets prioritaires : l’aménagement en deux voies sur l’A31bis entre Frouard et Augny (400 M€), le contournement de Vitry-le-François (250 M€) et la rénovation de l’A31bis Sud (200 M€). La région prévoit également traiter annuellement 90 kilomètres de chaussées avant d’abaisser cet effort à 70 km par an.

La taxe, calculée selon le poids et les performances écologiques du véhicule, s’appliquera aux camions dépassant 3,5 tonnes transportant des marchandises. Avec un tarif moyen de 0,15 € par kilomètre, elle exclura les voitures, les engins agricoles et les transports en commun. Des réductions de 13 % seront accordées aux transporteurs abonnés.

Pour accompagner cette mesure, la Région a annoncé des aides pour l’acquisition de véhicules zéro émission (jusqu’à 100 000 €) et des crédits d’économie d’énergie. En outre, 101 millions d’euros sont réservés à la modernisation ferroviaire capillaire. Un observatoire des trafics permettra de mesurer l’impact de la taxe et d’éviter tout report vers le réseau secondaire.

Bien que certains acteurs économiques aient demandé une suspension temporaire, la collectivité insiste sur l’imperatif d’une action immédiate pour préserver ses infrastructures routières.

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