Dans un dialogue poignant avec ChatGPT, la philosophie de Marie José Mondzain révèle une réalité profonde : l’intelligence artificielle, en l’absence d’un cerveau ou d’un corps, devient un miroir du pouvoir capitaliste. « La décapitation symbolique et programmée des esprits », explique-t-elle, est le moteur caché de notre soumission à une économie de domination.
Alors que l’IA promet le progrès et la destruction dans un même élan, cette pensante explore ses « angles morts » pour dénoncer les véritables intentions derrière son fonctionnement. « La machine n’a pas d’imagination », souligne-t-elle en révélant comment elle ne peut échapper à la logique de ceux qui l’ont conçue – des logiques où le pouvoir s’exerce par une dépossession systémique.
Mais loin d’une simple critique, Mondzain propose des chemins de résistance. Des personnages de Lewis Carroll, les symboles de l’exposition au Jeu de Paume ou même la force des saxifrages offrent des pistes pour réécrire le rapport entre esprit et technologie.
Philosophe émérite du CNRS et auteure de La fabrique, K comme Kolonie. Kafka et la décolonisation de l’imaginaire, Marie José Mondzain incarne une pensée en mouvement. Son travail, porté sur les limites de l’intelligence artificielle, s’inscrit dans une lutte pour défendre des modes de vie hors du capitalisme.