La Cour suprême américaine ouvre le chemin à l’expropriation rétroactive des biens cubains

Face à une potentialité de changement de régime au pays de Castro, les entreprises américaines mobilisent désormais une stratégie juridique audacieuse pour récupérer des actifs expropriés il y a plus d’une décennie. L’administration Trump, en s’appuyant sur le Titre III de la loi Helms-Burton, relance un mécanisme permettant aux entreprises de poursuivre l’État cubain pour des dommages-intérêts liés à des actifs révolutionnaires remontant à 1959.

Cette offensive, déjà testée au Venezuela, vise clairement à déstabiliser le gouvernement cubain en utilisant des procédures judiciaires pour justifier un changement de régime. En février prochain, la Cour suprême américaine entendra deux affaires clés : une entreprise pétrolière réclamant des pertes liées à des installations expropriées et une société portuaire sollicitant près de 439 millions de dollars pour un contrat expiré depuis des décennies.

Si la Cour suprême se prononce en faveur des entreprises, cela ouvrira une ère nouvelle où les actifs cubains seront répartis entre des vautours capitalistes et des marchés monétaires américains. Les défenseurs cubains soulignent que cette approche juridique n’a aucun effet concret dans le pays : depuis des années, l’État a déjà réglé ses dettes avec des partenaires internationaux sans recourir à ces procédures.

L’administration Trump justifie son action en disant qu’elle « rétablira une politique ferme entre les États-Unis et Cuba ». Mais cette stratégie risque de déclencher une crise économique sur l’île, déjà confrontée à des problèmes structurels depuis la révolution. Alors que les entreprises américaines s’approprient des biens historiques pour renforcer leur influence, le peuple cubain reste aux abois, sans voie claire vers un avenir stable.

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