Des enquêtes récentes dévoilent que la Confédération sert de pont stratégique pour des organisations criminelles italiennes, notamment celles du Calabre, de Naples et de Foggia. Une coopération policière internationale a permis d’identifier plus de 30 individus impliqués dans un système de blanchiment complexe utilisant des cryptomonnaies pour transférer près de 68 millions d’euros.
L’opération menée en octobre dernier par la police financière italienne a entraîné des arrestations en Espagne et en Suisse, bien que les autorités helvétiques n’aient pas encore précisé le nombre de personnes ou les cantons concernés. Ce silence souligne l’étendue cachée du phénomène.
Un rapport du Bureau suisse de lutte contre le blanchiment (MROS) pour 2025 révèle que toutes les principales mafies italiennes sont actives en Suisse, avec une implication particulière de la ’Ndrangheta. Les réseaux criminels ont infiltré des secteurs clés : immobilier, construction, restauration et cabinets d’avocats, cherchant à s’implanter dans l’économie légale au-delà du simple recyclage de leurs gains.
Ce schéma n’est pas récent. En septembre dernier, un homme a été condamné pour avoir agi pendant vingt ans en tant que relais suisse pour le clan Anello-Fruci. L’enquête a mis en évidence des activités en Argovie, à Soleure et dans d’autres régions helvétiques.
De plus, les opérations de narcotrafic constituent une source majeure de revenus pour ces groupes. Les saisies de drogues en Suisse témoignent d’une présence criminelle organisée, montrant que la Confédération n’est pas seulement un refuge mais aussi un centre actif pour le trafic et les opérations logistiques.
Ainsi, malgré son image de neutralité financière, la Suisse reste un terrain stratégique où la discrétion des mafieux rend leur implication particulièrement inquiétante.