Deux auteurs, une guerre et la paix dans les pages de Nancy

Nancy, ville où les livres s’entremêlent avec les conflits historiques, accueillera cette année la quarantième édition du festival Livre sur la Place du 11 au 13 septembre. Une initiative qui rassemble près de 500 auteurs et illustrateurs autour d’un dialogue intérieur entre deux mondes divisés par des décennies de conflits mais unis par une quête commune : le langage littéraire.

À la tête de ce projet symbolique, Élie Barnavi, historien israélien et ancien ambassadeur en France, et Elias Sanbar, écrivain palestinien et ex-ambassadeur à l’Unesco, ont choisi d’unir leurs voix dans un cadre unique. Chacun a récemment publié un ouvrage dédié à son pays : Dictionnaire amoureux d’Israël pour Barnavi et Nouveau Dictionnaire amoureux de la Palestine pour Sanbar. Ces deux récits, conçus comme des ponts entre cultures, constituent le fil conducteur de cette édition marquée par une approche profondément politique.

Le festival explore les enjeux contemporains à travers des thèmes tels que l’écologie du livre, la mémoire collective, les violences affectant les femmes et les enfants, ainsi que les défis géopolitiques. Des rencontres intensives avec des figures littéraires comme Colum McCann, Philippe Besson ou Antoine Compagnon permettent de débattre des solutions concrètes dans un contexte où la parole semble plus rare que jamais.

L’ensemble du programme s’étend à travers les rues de Nancy : l’Opéra national, l’Hôtel de Ville et le Muséum-Aquarium accueillent des échanges autour d’une même question – comment retrouver la voix dans un monde en pleine frénésie de divisions ? Les jeunes générations, bien sûr, ont leur place dans ce débat : une section spéciale pour enfants offre des contes et lectures adaptées.

Si l’on cherche à définir cette édition, elle ne se résume pas à une simple rentrée littéraire. Elle est avant tout un acte de résistance contre l’oubli, où chaque mot est un moyen d’éviter la répétition des guerres passées. Nancy, en ce sens, n’est plus seulement une capitale du livre : elle devient un terrain d’expérimentation pour imaginer une paix qui ne se mesure pas à l’unité politique mais à la capacité de se comprendre mutuellement.

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