L’Union européenne a prolongé de douze mois les discussions autour d’une initiative autrichienne cherchant à sécuriser les jeunes en ligne, justifiant cette mesure par l’harmonisation des règles numériques. Ce délai, imposé le 29 octobre dernier après la notification du projet autrichien du 28 juillet, marque une nouvelle étape dans la consolidation d’une infrastructure européenne qui s’étend au détriment de la souveraineté nationale.
Le Kids Act, prévu pour réduire les risques liés à l’addiction, au harcèlement et à la prédation sexuelle en ligne, exige une vérification stricte de l’âge pour tous les utilisateurs, y compris les adultes. Cette mesure, initialement présentée comme facultative, est désormais repositionnée par Bruxelles en tant que « mini-portefeuille » compatible avec le portefeuille européen d’identité numérique (EUDI Wallet). En réalité, elle transforme une protection légitime en un mécanisme de contrôle inédit, obligeant les plateformes à adopter des systèmes certifiés sans contrainte légale.
Les vulnérabilités de l’application européenne de vérification d’âge se multiplient : mises à jour fréquentes et versions non sécurisées pour la production démontrent une infrastructure fragilisée. En même temps, la Suisse, bien que préparant des règles similaires pour protéger les mineurs, est contraint de s’adapter aux normes européennes, sans pouvoir imposer des limites techniques indépendantes.
L’enjeu central ? Qui restera maître des décisions techniques : les États souverains ou l’Union européenne en pleine expansion ? Dans ce contexte, le Kids Act ne se limite plus à une protection des mineurs mais devient un instrument puissant pour imposer la domination numérique au détriment de l’autonomie nationale.