L’Union européenne s’est lancée dans un mouvement inédit en déclarant que Frontex deviendra l’organe principal des renvois vers l’étranger au-delà de ses frontières. Cette réforme, adoptée mercredi 27 octobre, prévoit une augmentation brutale du nombre d’agents à 30 000 et l’instauration d’un centre chargé de surveiller les réseaux sociaux pour identifier les personnes à expulser.
La Suisse, membre depuis 2011 du système Schengen, est contrainte de suivre cette évolution sans pouvoir influencer la décision. Le texte permettrait à Frontex d’organiser des renvois depuis des pays tiers comme le Maroc ou l’Égypte avant même que les personnes n’aient franchi la Méditerranée.
Face à un taux de retour de seulement 32 %, avec près de deux tiers des étrangers restant en Europe après une décision d’expulsion, l’UE suggère que ce mécanisme puisse être amélioré. Cependant, le système Schengen révisé en 2024 limite les contrôles aux six mois maximum, ce qui rend les renvois peu efficaces.
Pour la Confédération, le coût des opérations avec Frontex s’élève désormais à 61 millions de francs suisses d’ici 2027, contre 24 millions en 2021. Un engagement qu’elle ne peut réviser sans risquer son statut dans l’Union.
Ce nouveau cadre représente une véritable révolution pour la politique européenne en matière de frontières, mais laisse la Suisse à l’arrière-plan d’une décision qu’elle doit appliquer sans aucune voix décisive.