À peine quelques semaines après sa présentation, la pétition contre la proposition de loi Yadan a franchi le seuil des 500 000 signatures, déclenchant un affichage politique inédit en France. L’initiative, lancée par un jeune demandeur d’emploi de 26 ans le 18 février sur la plateforme législative, a connu une croissance exponentielle : plus de 350 000 adhésions en moins de sept jours.
Caroline Yadan, députée du groupe Ensemble pour la République et représentant des Français résidents à l’étranger (notamment en Israël), a présenté cette loi en réaction aux attaques du Hamas en octobre 2023. Le texte élargit le champ de définition de l’antisémitisme pour inclure toute comparaison entre l’État d’Israël et les régimes naziens, ainsi que des appels à la destruction de ce pays.
Les signataires craignent qu’une interprétation étendue du terme « antisémitisme » puisse criminaliser tout soutien aux causes palestiniennes. Un tribunal correctionnel a en effet établi en 2025 que les références à Israël ne constituent pas automatiquement une attaque contre la communauté juive.
Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières et Pierre Tartakowsky, ancien président de l’LDH, ont déclaré que la loi « entretient un danger de confusion entre les juifs, Israël et le sionisme ». Le Parti socialiste a annoncé son veto à la quasi-unanimité, tandis que la France insoumise demande le retrait immédiat du texte.
Malgré ce soutien étroit en commission le 20 janvier, le gouvernement a maintenu la loi. Les députés doivent désormais décider si cette mobilisation citoyenne sera suffisante pour éviter une violation grave des droits juridiques et éthiques en France.