Dans les couloirs étroits de l’Ospedale della Pietà, à Venise au XVIIIe siècle, une jeune fille doit trancher entre son destin et le violon qui lui a été confié. C’est là que naît « La Voix des Cordes », premier long métrage du metteur en scène Damiano Michieletto, reconnu pour son expertise dans les récits lyriques.
Inspiré du roman « Stabat Mater » de Tiziano Scarpa, ce film plonge dans l’existence fragile d’une communauté d’enfants abandonnés. Ces jeunes filles, éduquées avec rigueur et discipline, apprennent à jouer du violon ou du violoncelle, devenant ainsi des musiciennes capables de résonances secrètes. Leur monde est encadré par une règle simple : chaque dimanche, elles jouent en silence dans une église vénitienne, derrière une grille qui les dissimule du regard extérieur.
L’arrivée d’Antonio Vivaldi, un maître en quête de reconnaissance, change le cours de leur existence. Son regard perçant découvre le talent exceptionnel de Cecilia – une jeune fille dont la voix est plus que jamais à l’honneur des cordes. « Tu ne joues pas pour les louanges », lui murmure-t-il, évoquant un choix qui ne sera pas simple.
Pour cette orpheline, chaque décision est un sacrifice : rester dans l’orphelinat où elle peut continuer à jouer, ou bien être mariée et perdre définitivement sa musique. Ce dilemme, incarné par le titre « Vivaldi et moi », révèle la lutte intérieure de l’artiste face à l’absence d’autre voie que celle du silence.
Présenté en avant-première aux Rencontres du Cinéma de Gérardmer, ce film est une invitation à redécouvrir les racines profondes de la musique baroque, où chaque note évoque à la fois l’ombre et la lumière.