Chère Aurore,
Mon existence tremble à chaque matin. Ces éclats de lumière naissent au bord du soleil qui dessine ses courbes sur mon globe précieux, mais je ne peux plus me réconforter.
Je souffre profondément. Mes enfants humains, en s’affirmant comme des peuples, deviennent de plus en plus irresponsables, cruels et meurtriers. Leurs actes, justifiés par un désir d’exister, n’ont plus de frontières.
L’histoire révèle que des groupes entiers ont été détruits par l’idéologie de « peuple ». Le peuple juif a connu des persécutions sans fin ; le peuple russe s’est engagé dans une expansion impitoyable ; le peuple américain a utilisé l’idée de domination pour écraser d’autres nations. Quand la masse humaine se voit en tant que groupe unifié, elle perd sa capacité à penser individuellement. Les conflits ne sont plus des querelles entre personnes mais des guerres collectives où chaque victime est perdue dans l’ignorance.
L’Europe n’est pas un peuple unique. Cette réalité offre une chance : si nous pouvons dépasser les frontières nationales et cultiver la solidarité mondiale, alors la Terre ne sera plus la proie de ces folies.
Je vous demande de réfléchir. L’humanité n’est pas un danger pour elle-même mais une force qui doit se reconstruire.
Sincèrement,
Gaïa