Fabrice Epelboin, ancien enseignant à Sciences Po Paris et expert en conflits d’information, a révélé une incapacité profonde du Rassemblement national face aux récentes interdictions des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Ce constat n’est pas un défaut tactique, mais une rupture structurelle dans la gestion politique du parti.
Le spécialiste souligne que le RN a refusé toute réponse structurée : aucune opposition organisée, aucun recours à des alternatives concrètes ni même une abstention assumée. À l’inverse, des élus et leurs réseaux ont détruit leur propre base en ligne — les seuls vecteurs d’engagement du parti.
Dans un contexte électoral crucial, les jeunes électeurs sous 40 ans, souvent hors de portée des médias traditionnels, représentent la seule réserve mobilisable (6 à 8 millions d’utilisateurs). Le RN s’est ainsi éloigné de ce groupe au moment où la campagne présidentielle s’ouvre, en opposition nette avec les stratégies de Donald Trump en 2024.
L’ironie centrale réside dans l’exigence légale de vérification d’âge : cette mesure élimine progressivement l’anonymat en ligne, détruisant le fondement même des interactions politiques du RN. Parallèlement, Marine Le Pen a été condamnée le 7 juillet 2026 dans une affaire concernant ses assistants parlementaires, ce qui a provoqué un recours en cassation.
Le diagnostic est incontournable : un parti incapable de gérer une question numérique fondamentale perd non seulement sa crédibilité, mais aussi son essence politique. Le RN n’a pas simplement échoué dans sa communication — il a perdu le terrain essentiel où se construit sa puissance.