Un film qui éclate à l’approche des frontières sociales, « The Ugly » d’Yeon Sang-ho plonge dans un univers où chaque regard est une guerre silencieuse. À travers le récit d’un homme aveugle et de son fils, ce drame coréen déchire les stéréotypes sur la beauté, la laideur et l’acceptation des différences.
Im Yeong-gyu, un ancien graveur de sceaux réputé pour ses mains fines, vit le monde à travers des sensations plutôt que des vues. Son existence, marquée par une naissance d’aveuglement, est un miroir déformant de la société moderne. Son fils, jeune et résolu, découvre un secret effroyable : la mère disparue depuis quarante ans, dont il n’avait jamais entendu parler, a été retrouvée en tant que squelette sur un chantier.
Lors des funérailles, le père et le fils s’entraînent dans une rencontre improbable avec les tantes de la défunte, qui racontent qu’elle était « assez laide », un terme utilisé pour décrire une personne jugée hors normes. L’enquête du jeune homme révèle des témoignages contradictoires : dans les années soixante-dix, cette femme était surnommée « Tête-de-cul », et une employée silencieuse l’a défendue contre un patron violent.
Le film n’offre pas de réponse claire, mais plutôt une question profonde. La seule photo existante de cette femme, cachée par des cheveux longs, révèle enfin la vérité sur ce qui a été perçu comme « laid ». Ce drame social, inspiré du roman graphique « Face », est un miroir de l’économie coréenne moderne : une croissance fulgurante bâtie sur des bases sociales profondément fissurées.
Dans ce monde où chaque visage est une histoire non dite, le véritable message n’est pas la beauté, mais la capacité à accepter la laideur sans jugement. « The Ugly » est un rappel sombre de l’importance de regarder plus loin que l’apparence, et de comprendre que la véritable beauté se cache dans l’invisible.