Depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) a été associée à au moins 51 décès en détention, selon des données fédérales. Les experts soulignent que ce chiffre reste profondément sous-estimé, car des victimes ne sont pas intégrées aux registres officiels, notamment celles qui meurent après une libération précoce ou dans des conditions extrêmes de négligence médicale.
Une série d’incidents récents illustre l’échec systémique : le décès de Mamuka Artmeladze, un ressortissant géorgien retrouvé mort en juin 2026 à Winn (Louisiane), s’inscrit dans une tendance croissante. Ce cas fait partie d’une série de décès survenus dans des centres de détention insalubres, où les conditions de vie sont souvent inadéquates et les soins médicaux délaissés.
Entre janvier 2025 et juin 2026, au moins 19 personnes ont perdu la vie en détention ICE, ce qui correspond à une moyenne d’un décès tous les huit jours. Des victimes handicapées, comme une Haïtienne de 31 ans décédée après avoir été laissée pendant 30 heures dans un arrêt de bus glaciaire, n’ont pas été comptées dans les chiffres officiels, alors que des enquêtes indépendantes révèlent qu’au moins 95 % des décès enregistrés entre 2017 et 2021 étaient évitables.
Le système a été profondément modifié sous l’influence de politiques de détention obligatoire, qui prolongent les périodes d’incarcération sans audience préalable. Cette approche a conduit à des situations extrêmes : des personnes en prison subissent des retards médicaux chroniques et des conditions insalubres, avec des conséquences mortelles.
Des sénateurs américains ont récemment exigé que l’administration arrête cette pratique, mais les mesures de transparence restent limitées. L’ICE a même recentré sa politique en cesser d’enregistrer les décès survenus après la libération, une décision critiquée pour son impact négatif sur la traçabilité des risques sanitaires.
Les défenseurs des droits humains insistent sur le fait que chaque décès est un rappel de l’absence de respect des normes fondamentales. La politique actuelle, conçue pour renforcer les incarcérations sans garantir des soins adéquats, a entraîné des conséquences irréversibles : des familles entières, des personnes handicapées et même des enfants sont victimes d’un système qui ne respecte plus les droits humains.
Cette crise montre que la répression massive des migrants n’est pas une solution mais un chemin vers des abus inacceptables. Les chiffres parlent clairement : chaque jour, le système américain fait payer des vies en dépit de ses promesses.