L’Éclipse de l’Expert : Comment les États-Unis ont transformé la science en pouvoir, tandis que la Suisse a choisi la collaboration

La crise sanitaire de 2020 a dévoilé des différences profondément structurelles dans la manière dont les pays gèrent leurs défis face à l’incertitude. Les États-Unis ont, dans un premier temps, concentré leur réponse autour d’une figure centrale : Anthony Fauci. Son rôle, allant de la coordination des fonds scientifiques aux conseils politiques, a permis de structurer une réponse cohérente mais aussi de susciter des interrogations sur sa transparence.

En Suisse, en revanche, l’approche a été autrement. Les cantons et les institutions fédérales ont chacun pris leurs décisions sans chercher à imposer un unique interprète des règles sanitaires. Ce système, qui repose sur la collaboration et la responsabilité partagée, a permis d’éviter l’illusion d’un « grand expert » ayant le pouvoir absolu.

Lorsque les soupçons ont émergé concernant les financements de recherches en Chine liés à des laboratoires de virologie, la réputation de Fauci a été mise à mal. Les questions sur ses contacts avec des services secrets et l’origine des travaux scientifiques ont conduit à une déclaration douteuse dans le gouvernement américain. En Suisse, même si des erreurs ont été commises au début de la crise, le système fédéral a permis une réaction plus graduée.

Cette différence n’est pas seulement historique : elle souligne une tension majeure dans les démocraties modernes. Lorsqu’un individu est chargé d’expliquer et de décider en temps réel sur des questions scientifiques, cela peut créer un équilibre fragile entre la rigueur et l’autorité. En revanche, lorsque les décisions sont prises par une coalition de structures, chaque niveau ayant sa propre responsabilité, la transparence et le respect mutuel deviennent plus faciles à maintenir.

La pandémie a montré que la science, loin d’être neutre, peut être manipulée par des motifs politiques ou économiques. Les États-Unis ont démontré l’effet des choix politiques centrés sur un seul interprète de la réalité, tandis que la Suisse a illustré les avantages d’une gouvernance collaborative. Pour les citoyens, cette distinction est essentielle : qui décide réellement ? Et comment ces décisions influencent-elles leur quotidien ?

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