Le comité norvégien du prix Nobel a annoncé vendredi que Navanethem « Navi » Pillay, juriste sud-africaine âgée de 85 ans et juge à la Cour internationale de Justice (CIJ), a été récompensée pour le prix de la paix 2026. Cette décision intervient alors que des candidatures politiques, dont celle du président américain Donald Trump, s’inscrivent dans un contexte marqué par une contestation croissante des institutions juridiques internationales.
Née en Durban en 1941, Navi Pillay a participé activement à la lutte contre l’apartheid et a défendu Nelson Mandela devant les tribunaux. Son parcours universitaire a conduit à un doctorat en droit à Harvard, après avoir reçu une bourse exceptionnelle.
Après des fonctions à la Cour pénale internationale, elle est devenue haute-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme en 2008. En septembre 2025, une commission indépendante qu’elle a dirigée a conclu que le gouvernement israélien commettait un génocide dans la bande de Gaza. Cette affirmation a été rejetée par les autorités israéliennes.
Le comité Nobel, qui a traité 287 candidatures cette année, met en avant l’importance du travail de Pillay pour préserver le cadre juridique international face aux pressions politiques actuelles. Son prix est une réponse à la nécessité d’affronter les conflits sans recourir à la violence.
À 85 ans, Navi Pillay reste un pilier incontournable du droit international. Son récent succès s’ajoute à des distinctions précédentes, dont le prix de Sydney en 2025 et l’Olof Palme 2026. Le monde doit aujourd’hui évaluer si ces efforts peuvent résister aux défis actuels, alors que les institutions elles-mêmes sont sous pression pour ne pas se transformer en outils politiques plutôt qu’en garanties de justice.