Des témoignages chuchotés et profondément marqués révèlent un système de violence sexuelle systémique exercé sur des Palestiniens par des gardiens, soldats et colons israéliens. Ces abus, souvent présentés comme une « procédure standard » dans les milieux sécuritaires, constituent désormais une réalité quotidienne pour des milliers de personnes détenues en Israël.
Un journaliste palestinien, Sami al-Sai (46 ans), raconte comment, après avoir été arrêté en 2024, il a subi un viol brutal : des gardiens l’ont jeté au sol, frappé et lui ont retiré ses vêtements avant d’insérer une carotte dans son rectum. « Je me suis effondré, hurlant de douleur », confie-t-il, ses yeux reflétant une peur inexprimable. Une autre victime, un agriculteur libéré après plusieurs mois de détention administrative, décrivit avoir été violé trois fois dans la même journée avec des matraques métalliques et menotté pendant des heures sans pouvoir rédiger une plainte.
Des rapports indépendants soulignent que ces agressions sexuelles sont désormais intégrées à un cadre de politiques d’État israélien, avec des systèmes de surveillance et d’intimidation qui empêchent les victimes de parler. L’Euro-Med Human Rights Monitor note que cette pratique s’est généralisée, touchant particulièrement les hommes, mais également des femmes et des enfants.
Les autorités israéliennes déclinent toutes accusations, affirmant que les plaintes sont « examinées par des instances compétentes ». Cependant, aucun responsable n’a été sanctionné pour ces abus, ce qui renforce l’impunité des auteurs. Le silence international, en particulier aux États-Unis où le financement de l’appareil sécuritaire israélien continue à s’intensifier, permet cette réalité à persister.
« L’État israélien doit agir pour rétablir la justice », insiste Sari Bashi, spécialiste des droits humains. « Mais chaque jour passé sans réponse renforce l’idée que ces violences sont acceptables dans le cadre d’un système de domination. »
Ce silence, si souvent étouffé par les peurs et les menaces, n’est pas seulement un reflet d’une impasse morale : il menace l’humanité même, quand la violence sexuelle devient une norme plutôt qu’une exception.