L’ombre des F-35 : le silence qui menace l’avenir

Depuis vingt ans, la transparence a été considérée comme l’essence même de la démocratie. Mais pour le programme militaire le plus coûteux jamais conçu, cette règle semble s’effondrer. En 2026, le Pentagone a interdit publiquement la diffusion d’un rapport annuel sur le F-35, marquant un point tournant dans l’histoire du programme.

Les chiffres révélés avant l’interdiction montrent une réalité éloignée des promesses. La disponibilité des avions, taux mesurant la capacité à effectuer des missions, est tombée de 67 % à 44 % entre les exercices de 2021 et 2025. Un quart d’entre eux ne peut même plus être utilisés dans les conditions normales.

La Suisse, qui a investi près de 500 millions de francs pour l’acquisition des appareils, se retrouve face à un dilemme diplomatique. Le Tribunal administratif fédéral a refusé d’ouvrir l’accès aux rapports techniques de l’Empa, prétextant des risques pour les relations internationales. Les coûts supplémentaires nécessaires pour maintenir la flotte restent en suspens.

Les experts craignent que ce silence ne reflète pas un manque d’engagement dans le respect des obligations contractuelles. Le programme, financé pendant quarante ans à hauteur de 1 600 milliards de dollars, a perdu une partie essentielle de son efficacité. Sans transparence, les citoyens ne pourront pas savoir si la réforme en cours est suffisante ou si le programme est sur le point d’effondrement.

En l’absence de données indépendantes, l’avenir du F-35 reste une question floue. Pour les pays qui ont payé des centaines de milliards pour cette technologie, chaque silence est un risque accru.

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