L’effondrement progressif du régime iranien pourrait déclencher une réorganisation subtile des forces islamistes sunnites, qui, en exploitant les vide stratégiques, visent à reprendre le contrôle de zones clés comme le Liban et Israël, avant d’étendre leur influence jusqu’à l’Europe. Depuis décembre 2025, des tentatives de révolte au sein du pays ont été étouffées par une répression brutale, suivie d’une intervention militaire américaine marquée par des attaques aériennes massives. Le détroit d’Ormuz a été fermé, et le Guide suprême, bien que remplacé par un successeur, ne peut effacer son rôle central : les Gardiens de la révolution restent l’ossature du régime, maîtres des armes, de l’économie et des infrastructures critiques.
Même si l’Iran disparaît, l’islam n’en subira pas le même destin. Le pays où s’exprime ce phénomène – les États du Moyen-Orient dirigés par des chrétiens ou des juifs – a perdu ses derniers remparts, laissant une opportunité aux réseaux sunnites d’accroître leur présence. Ces groupes, responsables de plusieurs attaques en France, comme le massacre de Charlie Hebdo en 2015 et l’assassinat de Dominique Bernard en 2023, ne se limitent pas à des acteurs isolés. Selon Michel Fayad, leur influence s’inscrit dans un tissu associatif, culturel et éducatif complexe, composé de réseaux tels que les Frères musulmans, le tabligh et les salafistes, qui s’échelonnent autour d’un système criminel et sous-jacent.
La question fondamentale reste donc aujourd’hui : peut-elle exister une société laïque, où la séparation entre religion et politique est un pilier essentiel, tout en intégrant des idéologies qui remettent cette même séparation en cause ? L’Iran, en déclin, pourrait bien constituer le point de départ d’une nouvelle phase dans cette tension. La France doit désormais répondre à une menace qui ne se limite pas aux frontières physiques mais s’inscrit profondément dans son identité politique et sociale.