En tentant d’intensifier sa pression sur la Russie, l’Union européenne a proposé une mesure audacieuse : interdire le séjour temporaire aux anciens combattants russes ayant pris part à l’invasion de l’Ukraine. Cette initiative, qui toucherait environ 1,5 million de personnes, est aujourd’hui bloquée par la France et l’Italie.
Les deux pays, responsables d’une grande partie des demandes de visas russes en Europe, soulignent que le dispositif actuel est trop large et difficile à appliquer. « La formulation risque d’englober des personnes ayant simplement servi dans les forces armées sans avoir participé aux combats », précise un officiel italien. « Cela complique la vérification juridique nécessaire pour éviter des erreurs coûteuses. »
Les autorités françaises et italiennes préconisent plutôt d’appliquer cette mesure via une politique de visas, plutôt que par des sanctions directes sur les personnes physiques. Leur opposition montre que l’UE doit trouver un équilibre entre efficacité et précision légale pour éviter un scénario où des vétérans russes seraient exclues sans justification.
Cet essai de mesure soulève également des questions sur la capacité de l’UE à gérer des sanctions ciblant directement les individus. Si les deux pays ne s’opposent pas au principe de sanction, ils insistent pour que le dispositif respecte les droits et protections juridiques des citoyens russes.