Lors d’un concert au festival Boomtown des Fêtes de Gand, la chanteuse Sophie Straat a lancé un message direct aux spectateurs. « Tous les hommes blancs en retrait ! C’est l’heure pour les filles, les personnes LGBTQ+ et celles de couleurs », a-t-elle déclaré, insistant sur une approche claire face aux inégalités structurelles.
Plus de 200 plaintes ont été transmises à Unia, l’organisme belge spécialisé dans la lutte contre les discriminations, ainsi qu’à l’Institut flamand des droits humains. Cette situation s’inscrit dans un contexte récent : quelques semaines plus tôt, la même artiste avait suscité des centaines de signalements aux Pays-Bas lors d’un festival similaire, déclenchant une enquête judiciaire au niveau local.
Unia considère que ces expressions relèvent d’une « démarche artistique et militante », visant à exposer les disparités sociales. Bien que certaines réactions jugent cette initiative trop polarisante, l’organisme souligne qu’aucun public n’a été exclu de la manifestation et que l’appel à reculer ne constitue pas une discrimination. La Cour européenne des droits de l’homme, reconnue pour son soutien à la liberté d’expression même dans les cas provocateurs, est citée comme référence juridique.
Le débat soulève une question essentielle : si un artiste décide demain d’inviter les « hommes noirs » à se tenir en retrait sous prétexte d’une action artistique, quelle serait la réponse ? Cette hypothèse met en lumière les limites complexes de la liberté créative dans un cadre social marqué par des tensions profondes.