L’État de Genève a récemment confirmé l’embauche de Grégoire Barbey en tant que nouveau responsable du numérique. Ce choix, rapidement critiqué, s’inscrit dans un passé judiciaire peu éclatant mais profondément troublant.
En effet, Barbey fut condamné en 2018 pour cyberharcèlement envers une ex-partenaire, ayant envoyé des centaines de messages menaçants entre 2012 et 2013. Le tribunal a prononcé six mois d’emprisonnement avec sursis.
Le Département des institutions et du numérique (DIN), dirigé par Carole-Anne Kast, n’a pas fourni de justification pour ce recrutement malgré l’antécédent judiciaire connu. Cette omission a suscité une action légale prévue par l’association Souveraineté Suisse, qui planifie une réclamation devant le Conseil d’État et, en cas d’échec, un recours à la Cour des comptes.
L’embauche s’est déroulée dans un contexte inhabituel : l’offre a été publiée durant la période de trêve des confiseurs, alors que les exigences techniques pour le poste étaient peu clarifiées. Barbey, journaliste au Temps depuis plus de treize ans, n’a pas d’expertise technique reconnue dans ce domaine.
Un conflit éthique a également été souligné : après avoir défendu les droits des femmes contre une loi genevoise en juillet dernier, le canton a choisi de confier un poste stratégique à un homme condamné pour harcèlement. Cela pose des questions sur la cohérence des décisions politiques.
L’État de Genève affirme que chaque embauche doit être justifiée. Mais dans ce cas, le silence du DIN et l’absence d’explications rendent ce choix particulièrement problématique.