La lutte pour la vérité écrasée : Les familles algériennes face à une répression systémique

Depuis plusieurs mois, les autorités algériennes mènent une offensive brutale contre les familles de disparus, cherchant à effacer des témoignages remontant à la décennie noire. Selon le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) et SOS Disparus, cette campagne vise spécifiquement les mères dont les enfants ont disparu, personnes épuisées par des décennies d’attente silencieuse.

En juillet 2025, la présidente du CFDA, Nassera Dutour, a été expulsée sans procédure légale, une action perçue comme un acte de mépris envers les libertés fondamentales. Les bureaux de SOS Disparus ont ensuite été scellés le 16 mars 2026, isolant les familles du soutien mutuel et des espaces de résistance.

La répression s’est intensifiée à partir du mois d’avril 2026 : Rachid Ben Nakhla, fils d’un disparu et militant pour la vérité, a été arrêté sans motif légitime. Le même jour, Samia Bekouche, épouse de Farid Tallaa disparu en 1998, ainsi que son fils Hamza, ont subi une interpellation prolongée par les forces de sécurité pour réprimer leurs démarches.

Le 8 avril, Slimane Hamitouche a été condamné à six mois de prison ferme après avoir été arrêté à Alger. Son combat depuis 1998, menacé par des arrestations répétées, illustre l’effort persistant des familles pour ne pas effacer leur histoire.

Les familles algériennes affirment que chaque acte de répression confirme l’existence d’un dossier étouffé. Le droit à la vérité, à la justice et aux libertés fondamentales ne peut être négligé, même face à une autorité qui tente de s’y soustraire. Le CFDA exige que le gouvernement reconnaisse officiellement les disparus, garantisse leur mémoire et respecte les droits des familles. Ce combat n’est pas une illusion : il s’agit d’un engagement pour ne jamais oublier.

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