Un marché étudiant en effondrement : les loyers dépassent le pouvoir d’achat des jeunes

À l’approche de la rentrée universitaire, une étude révèle un déséquilibre critique dans le secteur du logement étudiant. L’association Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir) souligne que près d’une dizaine de grandes villes françaises sont confrontées à des loyers excessivement élevés et à un non-respect systémique des réglementations existantes.

Face au manque croissant de résidences Crous, 90 % des étudiants sont contraints de recourir aux locations privées. Or, ces coûts dépassent largement leurs moyens même après l’obtention d’aides spécifiques. L’enquête montre que le prix moyen pour un studio de 15 m² s’échelonne à environ 600 € par mois dans les zones étudiées, une somme insupportable pour la majorité des jeunes.

Même avec l’aide personnalisée au logement (APL), qui couvre en moyenne 43 % du loyer, le reste à charge reste extrêmement élevé. Les résultats sont alarmants : 73 % des annonces immobilières présentent au moins une irrégularité, et dans les villes où l’encadrement des loyers est en vigueur, ce pourcentage grimpe à 95 %. Le dépassement moyen des plafonds légaux atteint 234 € par mois.

« L’urgence ne réside pas dans la réglementation elle-même mais dans son application », explique Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’association. À Paris, un tel encadrement aurait permis aux étudiants d’économiser 141 € par mois.

L’expérimentation actuelle de ce dispositif doit expirer en novembre 2026, sauf prolongation législative. Pour l’association, cette disparition représenterait une menace directe pour les étudiants confrontés à un marché locatif en tension. « Trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui décide pour eux », insiste-t-elle.

Il est donc urgent de pérenniser ces mesures afin que les jeunes puissent se concentrer sur leurs parcours académiques plutôt que sur la quête d’un logement accessible.

Back To Top