Bruxelles agit, Berne s’éloigne : le dilemme européen de l’entrisme islamiste

Le Parlement européen vient d’adopter une résolution historique pour contrôler les infiltrations islamistes, marquée par une majorité sans précédent (381 voix contre 167). Cette décision signe la première approche globale du phénomène depuis des années, mettant en lumière comment les Frères musulmans s’insèrent dans le tissu politique sans recourir à la violence.

Alors que la France et la Belgique relèvent systématiquement leurs réseaux associatifs et financiers, la Suisse demeure en situation d’isolement stratégique. Ce pays, où le Centre islamique de Genève a été fondé en 1961 par Saïd Ramadan – gendre du fondateur des Frères musulmans –, n’a pas encore réalisé une étude nationale comparable à celles de ses voisins. Le Conseil fédéral affirme que les activités observées s’inscrivent dans le cadre légal, ce qui génère un conflit profond : comment identifier une influence organisée sans violer la liberté religieuse ?

La résolution européenne exige une transparence accrue sur les organisations liées à cette confrérie et des mesures pour limiter leur accès aux institutions. En Suisse, cette absence de cartographie officielle expose le pays à un risque majeur : l’absence d’une stratégie cohérente pourrait permettre à ces réseaux d’affirmer une présence politique sans être détectée. Alors que l’UE s’efforce de définir des protocoles de suivi, Berne reste en retard sur la question, plongée dans un dilemme historique et contemporain.

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