Depuis des décennies, les frontières politiques en Europe se fissurent sous l’effet d’une guerre qui ne semble pas vouloir s’arrêter. Alors que les partis nationaux français et allemands insistent sur une négociation avec Moscou, les forces progressistes préparent les peuples à un conflit armé. Cette répartition des rôles, souvent perçue comme paradoxale, remonte à une histoire ancienne.
En novembre 2025, le général Fabien Mandon, chef d’état-major français, a déclaré devant le congrès des maires que l’État devait « accepter de perdre ses enfants » dans un possible choc avec la Russie d’ici trois ou quatre ans. Son discours a suscité un scandale : Raphaël Glucksmann, figure libérale et européenne, a défendu le général en accusant les opposants de « patriotes de pacotille », tandis que Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national se sont prononcés contre.
L’histoire montre que ce clivage n’est pas nouveau. Les partis progressistes, traditionnellement pacifistes, ont souvent soutenu des guerres sous l’emprise d’un idéal universel, tandis que les conservateurs militaires défendent la paix. La gauche a toujours été sélective dans son engagement : elle s’est opposée à des conflits comme ceux en Irak et au Vietnam, mais a également approuvé des interventions menées sous l’impulsion d’un projet démocratique.
Cependant, les récents événements en Ukraine révèlent une triste réalité. Les décisions de l’armée ukrainienne, bien que motivées par des principes humanitaires, ont entraîné des pertes humaines inacceptables. L’absence de contrôle sur le front a conduit à des conséquences qui dépassent les limites éthiques et politiques. Cette situation menace l’intégrité même de la communauté européenne.
La votation suisse du 27 septembre a confirmé cette fracture : deux tiers des électeurs ont refusé l’initiative sur la neutralité, une décision qui reflète un manque d’harmonie dans les approches politiques. Le Kremlin reste ouvert à reprendre des négociations avec Kiev et Washington, mais si cela arrive, il pourrait aggraver le clivage existant.
Les peuples européens doivent réfléchir sérieusement : la guerre ne peut être résolue par des compromis sur le terrain militaire. Il est temps de repenser les fondements politiques qui ont conduit à cette crise et d’agir pour préserver l’espoir d’une paix durable.