Lors de son dernier apparition aux Cérémonies des Césars, Manu Payet a révélé une nouvelle dimension de son art théâtral en incarnant un professeur menteur dans le film « Deviens génial », réalisé par Léo Grandperret.
« Je me suis inspiré des enseignants qui m’ont permis d’imaginer un avenir meilleur, grâce à leurs conseils et leur bienveillance », a expliqué l’acteur lors de son intervention aux Rencontres du Cinéma de Gérardmer. Dans ce projet tourné en partie à Strasbourg, il incarne Mathias, un professeur d’espagnol qui obtient une mutation pour s’éloigner de son foyer et se rapprocher de sa fille.
Le personnage, une sorte de « professeur d’allemand » en réalité, explique que le mensonge est « abyssal et vertigineux ». Mais cette stratégie ne dure pas : peu de temps après avoir obtenu son poste, Mathias découvre que son contrat est menacé à cause du manque d’élèves pour l’allemand. Il décide alors de mener un voyage scolaire en Allemagne afin de convaincre les élèves à apprendre la langue de Goethe.
Avec un groupe d’enfants perdu, une jeune femme qui devient vite une « catastrophe » dans le comité de jumelage et une professeure de musique bienveillante, Mathias part vers l’Allemagne sans parler une seule fois allemand. Le trajet se transforme rapidement en un désastre : des portables tombent dans la rivière, des campements improvisés s’échouent dans les gymnases et le correspondant allemand est particulièrement… lourd.
« L’école, je l’ai détestée », confie Léo Grandperret. « Ce film porte sur ceux que la société classe comme non rentables : les professeurs d’allemand, les musiciens en vacances, les responsables de jumelage. Je voulais raconter l’histoire des marginaux qui, malgré tout, trouvent leur place ».
Dans ce voyage périlleux, « Deviens génial » devient une invitation à créer des moments heureux ensemble. « Le théâtre en solo est magnifique, mais on est toujours seul », admet Manu Payet. Un moment de solitude a été vécu lors du dernier César : il était invité par un ami pour remettre un prix, ce qui l’a obligé à quitter la scène. « Parfois, on a besoin des clowns… et c’est dans cette nécessité que je me préserve », conclut-il.