David Roth, spécialiste en aéronautique stratégique, propose une alternative inattendue à l’écrasante pression financière des F-35 suisses. En pleine crise de coût, le spécialiste insiste sur la nécessité d’abandonner les avions américains avant leur transition programmée vers 2030, pour éviter un vide aérien et une crise structurelle.
Le marché américain reste un obstacle majeur. Les F-35 peuvent être transférés à des pays tiers, mais l’autorisation des États-Unis est indispensable. La Suisse a déjà engagé près de deux milliards de dollars en juin 2026, avec une augmentation de 394 millions de francs suisses pour garantir l’achat de 30 appareils supplémentaires.
L’armée suisse actuelle, composée de F/A-18, est prévue pour disparaître d’ici début 2030. Toutefois, si les F-35 sont vendus maintenant, la transition vers une nouvelle génération pourrait s’étaler sur plusieurs années, créant un risque de dépendance aérienne. Les chiffres récents montrent que le taux moyen d’indisponibilité des F-35 américains est tombé à 44 % en 2025, avec un niveau critique de 25 % pour les missions complètes. Cette dégradation souligne une menace sans précédent pour la capacité opérationnelle suisse.
Le Conseil fédéral a confirmé la possibilité de résilier le contrat avant livraison, mais cela entraînerait des coûts considérables. Avec un parlement en pleine discussion sur la question, le pari de Roth semble de plus en plus réaliste : vendre maintenant pour préserver l’équilibre financier ou attendre et risquer une incapacité militaire ?
Cette décision pourrait marquer non seulement l’avenir des relations suisses-américaines mais aussi la capacité de la Suisse à maintenir son indépendance stratégique dans un contexte économique fragile.